Ancien international togolais récemment crédité d’une licence d’entraîneur B CAF, Djima Oyawolé tire la sonnette d’alarme sur les faiblesses structurelles du football togolais. Dans une analyse lucide, il plaide pour une réforme en profondeur de la détection, de la formation et de l’encadrement technique afin de permettre au Togo de franchir un cap sur la scène continentale.
Pour Djima Oyawolé, le nerf de la guerre se trouve dès la base : la détection et la formation des jeunes talents.
« La détection et la formation constituent un élément crucial dans le développement du football d’un pays. Au Togo, comme dans de nombreux pays africains, il existe des structures et des académies, mais elles manquent de moyens pour rivaliser avec les grandes nations africaines », explique-t-il.
L’ancien joueur du FC Metz, FC Lorient et La Gantoise pour ne citer que ceux-là.. insiste sur la nécessité de renforcer les structures existantes, de leur accorder des moyens matériels et financiers et surtout de bâtir un projet durable.
« Faire un projet, c’est une chose, mais pouvoir le réaliser en est une autre », souligne-t-il.
S’inspirer des modèles performants
L’ex milieu de terrain évoque l’exemple de la France, souvent citée comme modèle en matière de formation :
« La France a un plan de performance fédérale qui accompagne les jeunes joueurs vers le haut niveau, avec des pôles espoirs et des compétitions adaptées aux U15 et U17. »
Selon lui, le Togo doit s’inspirer de telles politiques publiques et mettre en place un système national cohérent de développement des talents. Il cite notamment les programmes de la FIFA, qui offrent des conseils techniques, des formations et des ressources financières aux associations membres.
Une philosophie de jeu à construire
Djima Oyawolé pointe également le manque de philosophie de jeu claire au sein des clubs togolais.
« Les clubs togolais ont du mal à émerger sur le plan continental. Pour rivaliser tactiquement avec les grandes nations, il faut une réflexion stratégique et une formation continue des entraîneurs et des joueurs. »
Il rappelle que le Togo ne dispose pas des mêmes ressources que ses voisins comme le Ghana, la Côte d’Ivoire ou même le Bénin, d’où la nécessité de développer une approche adaptée aux réalités locales.
Former, encadrer, professionnaliser
Pour Djima Oyawolé, la stabilité d’un groupe compétitif passe avant tout par une bonne formation et un encadrement technique solide :
« Il faut un staff expérimenté, un soutien médical adéquat et une formation continue pour les entraîneurs. Ce sont ces éléments qui permettent aux joueurs de progresser et de rester performants. »
L’ancien Épervier appelle à un recrutement intelligent, basé sur la compétence et la complémentarité. Il insiste aussi sur le rôle du préparateur physique, du médecin et de l’analyste vidéo, des postes encore trop négligés dans les clubs togolais.
“Le Togo a des talents, mais il faut les accompagner”
Enfin, Oyawolé refuse de sombrer dans le pessimisme.
« Le Togo a de très bons joueurs, mais il nous manque encore celui capable de faire la différence dans une action ou deux. Avec le temps et les moyens, cela viendra. »
Selon lui, le pays regorge de talents, mais sans vision, sans suivi et sans investissement, ces pépites risquent de ne jamais atteindre leur plein potentiel.
« Être bon ne suffit plus. Il faut être très bon pour gagner des matchs. Et pour cela, il faut de la rigueur, du travail et un accompagnement professionnel. >>
À travers son analyse, Djima Oyawolé invite les acteurs du football togolais dirigeants, entraîneurs, formateurs et institutions à s’unir autour d’un projet clair, réaliste et durable. Car, comme il le rappelle lui-même :
« Il n’est jamais trop tard pour améliorer nos compétences. »
