Alors que la nouvelle saison des championnats D1 LONATO et D2 s’annonce au Togo, une question cruciale refait surface : les visites médicales des joueurs sont-elles réellement effectuées dans les règles de l’art ? Ou ne s’agit-il que d’une formalité administrative, vidée de tout sérieux médical ?
Une exigence réglementaire souvent négligée
La Fédération Togolaise de Football (FTF) exige dans son règlement que tout joueur engagé dans une compétition officielle présente une attestation d’aptitude médicale. En théorie, cette mesure vise à protéger la santé des athlètes et à prévenir les drames sur les terrains.
Mais en pratique, le constat est alarmant : à peine 10 clubs sur 30, toutes divisions confondues, procèdent à une véritable visite médicale avant le démarrage des championnats.
Et même parmi ceux qui s’y soumettent, les examens sont souvent incomplets, réduits à une simple prise de tension ou un questionnaire superficiel. L’électrocardiogramme (ECG), pourtant essentiel pour détecter d’éventuelles anomalies cardiaques, est dans bien des cas ignoré.
Quand la complaisance met des vies en danger
Chaque saison, le football africain pleure des athlètes fauchés en plein match par des crises cardiaques soudaines. Des drames évitables, selon les spécialistes, si les contrôles médicaux étaient faits avec sérieux.
Les médecins du sport tirent la sonnette d’alarme : « Le suivi médical n’est pas une formalité, c’est une garantie de vie. Aucun club ne devrait aligner un joueur sans un diagnostic complet », rappellent-ils.
Pour une responsabilité collective
Il est urgent que les clubs, les ligues régionales et la FTF mettent fin à ce laxisme.
Les licences ne devraient être validées qu’après présentation d’un bilan médical complet, incluant les examens cardiaques, respiratoires et orthopédiques.
De même, un suivi médical continu tout au long de la saison devrait être instauré pour prévenir tout risque.
Car la vie d’un joueur ne peut se résumer à un simple cachet sur un papier. Le football togolais ne doit plus se permettre que la santé de ses acteurs soit sacrifiée sur l’autel des formalités.
Protéger nos footballeurs, c’est protéger notre sport. Il est temps de passer des visites de complaisance à une véritable médecine sportive, rigoureuse, humaine et préventive.
