Après une première saison réussie au Portugal sous les couleurs d’Estoril Praia, l’international togolais Kevin Boma revient sur ses débuts à l’étranger, sa progression, son intégration, ainsi que ses ambitions en club comme en sélection. Entretien avec un défenseur lucide, travailleur et ambitieux.

Une première saison pleine d’enseignements
Pour Kevin Boma, cette première saison au Portugal a été une expérience marquante. « C’était une première saison riche mais satisfaisante dans l’ensemble, avec des hauts et des bas sur le plan individuel comme collectif, mais j’ai pu enchaîner les matchs tout au long de la saison pour la première fois dans ma carrière professionnelle », confie-t-il. Un facteur essentiel dans sa progression.
Il découvre également la Liga Portugal Betclic, un championnat qu’il juge très formateur. « C’est une belle découverte pour moi qui n’avais jamais évolué à l’étranger auparavant. C’est un championnat différent du français, moins axé sur les transitions rapides et plus sur la construction et la rigueur tactique. »
Apprendre, corriger, progresser
Le secret de sa progression ? La répétition, l’adaptabilité et la remise en question. « Le fait d’avoir pu enchaîner les matchs, de faire des erreurs et d’en tirer des leçons m’a beaucoup aidé. Le style portugais m’a obligé à me concentrer sur d’autres aspects, notamment la tactique, la construction du jeu et le leadership. Ce sont encore des domaines dans lesquels je veux progresser. »
Une adaptation réussie au Portugal
Loin de ses repères, Boma a vite trouvé ses marques. « Franchement, ça s’esty super bien passé. On a un groupe jeune et soudé, même avec la barrière de la langue. Les gens au club ont tout fait pour faciliter notre intégration, et les quelques francophones ont aidé. En dehors du terrain, les Portugais sont très chaleureux. »
Il note des différences culturelles et professionnelles : « Ici, on prend plus le temps de construire les actions. Et il y a une vraie rigueur sur tous les aspects, même en dehors du terrain. »
Une saison en deux temps pour Estoril
Boma revient sur une saison en dents de scie avec son club : « La première partie de saison a été difficile, on avait un groupe très jeune et il a fallu du temps pour créer une vraie alchimie. Mais le staff a su garder le cap, et au fur et à mesure, on a trouvé notre rythme. »
Pour cette nouvelle saison, les objectifs sont clairs : « Sur le plan personnel, je veux être encore plus régulier et décisif. Collectivement, on veut éviter une nouvelle entame compliquée et rester constants tout au long de la saison. »
Pas de distractions, le terrain d’abord
Sur les rumeurs de transferts, Boma reste fidèle à sa ligne de conduite : « C’est à mes agents qu’il faut poser la question (rires). Moi, je me concentre sur le terrain. Je suis bien à Estoril, c’est un bon environnement pour progresser. »
Après une bonne coupure estivale, il a repris avec détermination : « J’ai pu partir en vacances, me ressourcer avec mes proches, et travailler avec mon équipe de remise en forme. »
La sélection togolaise, une fierté immense
Pour Kevin Boma, l’équipe nationale du Togo est bien plus qu’un simple objectif professionnel : « C’est un honneur de représenter son pays. Être appelé régulièrement est déjà une fierté, mais aussi une motivation supplémentaire pour donner le meilleur. »
Il évoque un groupe sain et prometteur : « Il y a beaucoup de jeunes et aussi des cadres expérimentés qui nous transmettent leur vécu. Le staff est composé d’anciens internationaux comme Jean-Paul Abalo ou Serge Akakpo, et ça aide énormément, surtout pour moi qui joue défenseur central. Ils me donnent des conseils précieux. »
Sur les ambitions des Éperviers, il est réaliste mais combatif : « Les éliminatoires de la CAN sont derrière nous avec beaucoup de regrets. Maintenant, place à la Coupe du monde 2026. On n’est pas bien placés pour l’instant, mais chaque match doit servir à progresser, même pour l’avenir. »

Un homme ancré, au-delà du football
En dehors des terrains, Kevin reste un homme posé : « Je passe du temps à la maison, je suis le foot, le basket, le MMA… J’aime aussi m’informer sur l’actualité, apprendre de nouvelles langues et passer du temps avec mes proches. »
Sa famille reste son pilier : « Ils regardent tous mes matchs, me conseillent, m’encouragent dans les moments difficiles. Ils me rappellent aussi que la vie ne se résume pas au football. »
Un message aux jeunes
À ceux qui veulent suivre son chemin, Boma délivre un message fort :
« Croyez en vous et en vos rêves. Le football n’est pas un long fleuve tranquille. Peu importe votre talent, le travail est la seule vraie clé de la réussite. Il n’y a pas de secret. »










