Les réunions de la Commission Centrale des Arbitres (CCA), tenues les 9 et 16 décembre 2025, auraient pu passer inaperçues. Elles n’en sont rien. À travers l’analyse de quatre rencontres des 3e et 4e journées de la D1 Lonato, l’organe technique de l’arbitrage togolais a livré bien plus qu’une série de sanctions : un état des lieux préoccupant, mais aussi un appel urgent à la responsabilité du corps arbitral.
Sous la Loupe de TogoGoal, ces décisions ne sont pas de simples mesures disciplinaires. Elles constituent un message fort, adressé à tous les arbitres du championnat : le niveau d’exigence a changé, et l’erreur n’est plus une fatalité tolérée.
AS Binah – Semassi : l’erreur qui coûte cher à la crédibilité
Refuser un but valable à la 88e minute d’un match de première division n’est jamais anodin. Lorsque cette décision prive une équipe d’une égalisation légitime, l’erreur dépasse le cadre technique pour toucher au cœur même de l’équité sportive.
En sanctionnant lourdement l’arbitre M. PITEKELABOU DJOUA (trois mois sans désignation), la CCA rappelle une vérité essentielle : la maîtrise des Lois du jeu n’est pas négociable. À ce niveau, l’arbitre n’est plus en phase d’apprentissage. Il est garant du résultat juste.
Semassi – Étoile Filante : quand la mauvaise interprétation s’installe
L’épisode du penalty accordé à la 75e minute à Sokodé met en lumière un autre mal récurrent : le retard d’appropriation des nouvelles directives internationales. La Loi 12 a évolué, mais l’arbitrage local peine encore à suivre le rythme.
Plus grave encore, le silence des assistants. L’arbitrage moderne est un travail d’équipe. Lorsqu’un arbitre central se trompe, les assistants doivent corriger, alerter, accompagner. En sanctionnant à la fois l’arbitre principal et l’un de ses assistants, tout en avertissant les autres officiels, la CCA pointe un déficit collectif de communication et de courage décisionnel.
Dyto – ASKO : la médiocrité qui s’installe sans incidence… pour cette fois
Voici sans doute le cas le plus révélateur. Des erreurs multiples, une autorité fragile, une prestation jugée insuffisante, mais aucune incidence directe sur le score. Faut-il s’en satisfaire ? Certainement pas.
La décision de ne pas sanctionner mais de placer les arbitres sous surveillance technique renforcée est un avertissement déguisé : le crédit est encore là, mais il s’amenuise. Car le jour où ces mêmes insuffisances pèseront sur le résultat, l’indulgence ne sera plus de mise.
Gbohloe-Su – Espoir FC : l’arbitre face à ses limites
L’avertissement infligé à M. TCHAKADA ABODJI rappelle une réalité souvent tue : tous les arbitres n’évoluent pas au même rythme. Être désigné en D1 implique une constance, une autorité et une justesse qui ne souffrent pas d’approximation.
Ne pas influencer le score ne signifie pas avoir bien arbitré. La qualité d’une prestation se juge aussi dans la gestion du jeu, la lecture des contacts et la cohérence des décisions.
Arbitrer en D1, c’est assumer
À travers ces décisions, la CCA n’humilie pas, elle interpelle. Elle rappelle que l’arbitre togolais doit désormais choisir : évoluer ou stagner. Le championnat se professionnalise, les enjeux augmentent, l’exposition médiatique est plus forte. L’arbitrage ne peut rester en marge de cette évolution.
La formation continue, la remise en question personnelle, l’acceptation de la critique technique ne sont plus des options. Elles sont une obligation. L’erreur humaine existera toujours, mais l’erreur répétée, non corrigée et mal assumée devient une faute professionnelle.
Sous la Loupe de TogoGoal, une certitude s’impose : le sifflet n’est plus un privilège, c’est une responsabilité. Et ceux qui ne sont pas prêts à l’assumer pleinement devront, tôt ou tard, céder la place.









