Mise sur pied le 8 janvier dernier par la Fédération Togolaise de Football (FTF), la Ligue de Football Professionnel du Togo (LFPT), dirigée par Maître Wilson-Bahun Tété, a franchi une étape importante de son processus de mise en œuvre en organisant, jeudi dernier, un cocktail de presse. Plus de trois heures d’échanges francs et constructifs avec les hommes et femmes des médias ont permis de poser un diagnostic sans complaisance du football togolais et d’esquisser les pistes d’un modèle économique et structurel adapté à la réalité nationale.
Le constat est largement partagé : le football togolais traverse depuis plusieurs années une crise profonde. Clubs financièrement fragiles, dépendance quasi totale aux subventions étatiques, absence de véritables contrats professionnels, infrastructures insuffisantes, gouvernance approximative et faible attractivité commerciale du championnat.
Lors de son intervention, le président de la LFPT, Maître Wilson-Bahun Tété, n’a pas éludé la réalité, évoquant des « conditions parfois délirantes » dans lesquelles évoluent les acteurs du football local. Une situation qui impacte directement la compétitivité des clubs et, par ricochet, les performances de la sélection nationale. Pour lui, il ne peut y avoir une équipe nationale forte sans clubs solides, structurés et économiquement viables.
La professionnalisation, une urgence collective
La création de la LFPT s’inscrit dans une volonté affirmée des autorités sportives et politiques de refonder le football togolais. Mais le message du président Wilson-Bahun est clair : la professionnalisation ne peut être l’affaire exclusive de la ligue.
Ce chantier doit mobiliser tous les acteurs : État, fédération, clubs, joueurs, sponsors, collectivités locales, médias et secteur privé. « Chacun doit jouer sa partition », a-t-il martelé, rappelant que le succès du projet dépendra avant tout de l’appropriation collective des réformes à venir.
Quel modèle économique pour le football togolais ?
Au cœur des échanges avec la presse, la question cruciale du modèle économique. Copier des modèles de la sous-région ouest-africaine ou même nord-africains serait illusoire. Le football togolais doit inventer son propre modèle, adapté à son environnement économique et social.
Parmi les pistes évoquées :
Une gestion rigoureuse et transparente des clubs, avec des budgets réalistes et contrôlés ;
La valorisation du championnat local à travers une meilleure organisation, un calendrier stable et une communication renforcée ;
Le développement du marketing sportif, incluant droits TV, sponsoring local, billetterie et merchandising à petite échelle mais structuré ;
La formation comme levier économique, en faisant des centres de formation des piliers du système, capables de produire et valoriser les talents locaux.
Des solutions concrètes pour réussir la professionnalisation
Pour que la professionnalisation ne reste pas un slogan, plusieurs solutions concrètes ont été proposées par les journalistes sportifs :
Appliquer rigoureusement les textes administratifs et réglementaires déjà existants ;
Accompagner les clubs dans leur mutation juridique (passage en sociétés sportives) ;
Mettre en place un mécanisme progressif de professionnalisation, tenant compte des réalités financières ;
Former les dirigeants de clubs en management sportif et gestion financière ;
Garantir la régularité des compétitions et le paiement des acteurs.
Le rôle clé de l’État et du secteur privé
L’État togolais demeure un acteur central de cette réforme. Son rôle est attendu dans l’amélioration des infrastructures, la mise en place d’un cadre juridique incitatif et l’accompagnement institutionnel des clubs.
Parallèlement, l’implication des sociétés privées est indispensable. La professionnalisation du football doit devenir une opportunité économique, un espace de visibilité et d’investissement pour les entreprises locales. Sans partenariat public-privé solide, le projet restera fragile.
Une presse sportive actrice du changement
En ouvrant ce cadre d’échanges, la LFPT a reconnu le rôle stratégique de la presse sportive, non seulement comme relais d’information, mais aussi comme force de proposition et de veille. Les contributions jugées « pertinentes et vitales » par le président de la ligue témoignent d’une volonté commune d’aller au-delà du constat pour construire des solutions.
Un projet ambitieux, un défi historique
La professionnalisation du football togolais est un défi historique. Elle exige du temps, de la rigueur, du courage politique et un engagement collectif sincère. La rencontre entre la LFPT et la presse marque une étape symbolique forte : celle d’un dialogue ouvert pour sauver et relancer le football togolais, au bénéfice des clubs, des joueurs et de toute la nation sportive.










