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Alors que le Togo entre dans la 5e République avec tambours et trompettes institutionnels, une réalité continue de faire honteusement la publicité du pays: l’abandon total du sport national. À croire que le changement de régime suffit à nourrir les espoirs pendant que les terrains se vident, les clubs crèvent, et les talents se consument dans l’anonymat. Cette tribune est un cri. Un rappel. Une alerte.

Car si le pays se réinvente politiquement, rien n’indique pour l’instant que cette mue profitera à un secteur stratégique : le sport. Et pourtant, nul besoin d’être expert pour voir qu’il est malade. Gravement. Peut-être même en phase terminale. Qui a récemment mis les pieds dans un stade togolais ? Qui s’est risqué à suivre un championnat national sans infrastructure, sans soutien logistique ? Le silence des autorités est assourdissant, leur désintérêt, glaçant.

Pendant que des générations de jeunes athlètes rêvent, l’État dort. Et ce sommeil profond dure depuis des décennies. Aucun plan structuré. Aucune politique ambitieuse. Un ministère des Sports devenu une coquille vide, bureaucratique et inefficace, les différentes fédérations abandonnées sans soutien majeur. Un football qui peine à sortir de l’amateurisme. Des clubs qui tournent avec des bouts de ficelle, des formateurs non formés, des sélections jeunes sacrifiées. Voilà le décor.

Mais n’oublions pas : le sport a souvent offert au Togo ses plus belles pages. Coupe du Monde 2006 des Éperviers Seniors sans oublier celle des sélections de jeunes. Les Coupes d’Afrique des Nations. Jeux olympiques, avec la médaille de bronze de Boukpeti Benjamin. Athlètes qui brillent sans infrastructures dignes. Et malgré tout cela, rien. Pas le moindre sursaut d’orgueil. Le sport togolais n’a pas besoin de discours, il a besoin de décisions, de moyens, de courage.

La 5e République ne doit pas être un simple vernis constitutionnel. Elle doit être une rupture réelle. Une République sans vision pour sa jeunesse, pour ses talents, pour son sport, est une coquille vide. Le changement ne doit pas s’arrêter aux salons du pouvoir. Il doit descendre dans les vestiaires, sur les pistes d’athlétisme, dans les académies, sur les terrains de quartier.

Il est temps de professionnaliser le sport, de l’organiser, de l’investir. Non pas pour flatter l’image du pays, mais parce qu’un pays sans sport est un pays sans moteur pour sa jeunesse. c’est une urgence nationale.

Aux nouveaux parlementaires, aux futurs gouvernants, aux décideurs : osez. Osez mettre le sport au centre de votre projet. Osez réformer. Osez investir. Sinon, vous serez les complices d’un déclin annoncé.

Justin AGBEVO 

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